vendredi 10 octobre 2008
Cycle " Présidents made in Hollywood " sur TCM
20:45 LES FILMS DU PRÉSIDENT 2008
de Charles Antoine de Rouvre
Documentaire TCM de 52 minutes
21:45 BOB ROBERTS 1992
de Tim Robbins, avec Tim Robbins & Giancarlo Esposito
L'épopée satirique de la campagne électorale d'un
chanteur de musique folk, Bob Roberts, qui se porte,
en 1990, candidat au Sénat américain.
23:30 BIENVENUE MISTER CHANCE (BEING THERE) 1979
d’Hal Ashby, avec Peter Sellers & Shirley Mc Laine
Les aventures d'un jardinier de Washington naïf et
simplet prénommé Chance.
JEUDI 9 OCTOBRE 2008
20:45 NIXON 1995
d’Oliver Stone, avec Anthony Hopkins, Joan Allen & Ed Harris
La biographie de Richard Nixon, ancien Président des
Etats-Unis à la carrière tumultueuse et controversée.
00:00 GABRIEL AU-DESSUS DE LA MAISON BLANCHE
(GABRIEL OVER THE WHITE HOUSE) 1933
de Gregory La Cava, avec Walter Huston & Karen Morley
Hommage à Franklin Delano Roosevelt.
JEUDI 16 OCTOBRE 2008
20:45 LES COULISSES DU POUVOIR (POWER) 1986
de Sidney Lumet, avec R. Gere, G. Hackman & J. Christie
Deux conseillers politiques s'opposent, après avoir été
les meilleurs amis du monde, sur leurs propres
idées, leurs morales, leurs choix...
22:35 VERS SA DESTINÉE (YOUNG MR. LINCOLN) 1939
de John Ford, avec Henry Fonda & Alice Brady
New Salem, Illinois, 1832. Le jeune Abraham Lincoln
étudie le droit en autodidacte. Anne, une belle fermière,
l'encourage à utiliser ses talents et son éloquence pour le bien public.
JEUDI 23 OCTOBRE 2008
20:45 PRÉSIDENT ? VOUS AVEZ DIT PRÉSIDENT ?
(MY FELLOW AMERICANS) 1996
de Peter Segal, avec Jack Lemmon, James Garner & D. Aykroyd
Une comédie sur la vie, la liberté et la quête de deux
anciens présidents.
22:30 COMPLOT À DALLAS (EXECUTIVE ACTION) 1973
de David Miller, avec Burt Lancaster & Robert Ryan
L'histoire d'un complot organisé contre le président des
Etats-Unis...
JEUDI 30 OCTOBRE 2008
20:45 PRÉSIDENT D'UN JOUR (DAVE) 1993
d’Ivan Reitman, avec Kevin Kline & Sigourney Weaver
Dave Kovic, sosie du Président des Etats-Unis, se voit
confier la mission de remplacer...
22:35 SEPT JOURS EN MAI (SEVEN DAYS IN MAY) 1960
de John Frankenheimer, avec Burt Lancaster,
Kirk Douglas, Fredric March & Ava Gardner
En 1980, les présidents des Etats-Unis et de l'URSS décident la
fin de la guerre froide, mais un général tente de monter un
coup d'Etat.
http://www.tcmcinema.fr/voir/prsidents-made-in-hollywood
vendredi 3 octobre 2008
West Wing Saison 8/Faut il avoir été militaire pour être Commander in Chief : Matt Santos vs Arnold Vinick
Les auteurs de West Wing/A la Maison Blanche ont clairement campé le Président Josiah Bartlet comme un civil, passé de l'Université à la politique. Les scénaristes de West Wing ont cependant veillé à entourer le civil Bartlet par toute une série d'ex-militaires.
- Son plus proche collaborateur, le Chief of Staff, Leo McGarry est un vétéran du Vietnam. Pilote de l’air, il a été blessé après que son F-105 ait été abattu. Il a ensuite fait fortune dans l’industrie de défense.
- Son principal conseiller politique, Toby Ziegler a servi en Corée, dans les années 70 ou 80.
- Un autre de ses conseillers, Will Bailey, est fils de général et officier de réserve dans le corps des JAG, le service juridique de la Marine).
"Mommy Problem"
Dans l'épisode 2 de la Saison 7, Josh Lyman, expose à Matt Santos le Mommy Problem. "Quand les électeurs veulent un Père, quelqu’un de fort et de ferme pour défendre le pays, ils votent républicain. Quand ils veulent une maman pour leur fournir des emplois et la Sécurité sociale, ils votent démocrate ».
Passé (comme John McCain) par la Naval Academy à Annapolis, puis officier du Corps des Marines, Matt Santos a pris part à la Guerre du Golfe pour atteindre le grade de lieutenant-colonel.
Matt Santos va saisir l'opportunité d'une période d'entraînement qu'il doit effectuer, comme officier de réserve, alors que commence la campagne présidentielle. Les images de Santos s'entraînant sur une base aérienne attirent l'attention des médias et du public. "The whole country sees you in uniform" se réjouit Josh Lyman.
Les producteurs de West Wing ont visiblement pensé aux images de George Bush arrivant en jet à bord du porte-avions nucléaire USS Abraham Lincoln le 1er mai 2003.L'arrivée en jet, le choix de l’uniforme : cette mise en scène très calculée du Président en chef de guerre parmi ses troupes évoquait irrésistiblement Top Gun.
Les "25 années passées sous l'uniforme" apportent ainsi au candidat démocrate la crédibilité qui lui manquait en matière de sécurité nationale, lui permettent de surmonter le Mommy Problem et de l'emporter face au Républicain.
Voir aussi :
Faut il avoir été militaire pour être Commander in Chief ? Le cas McCain
Faut-il avoir été militaire pour être Commander in Chief ? (2)
Faut-il avoir été militaire pour être Commander in Chief ? (2)
Fils et petit-fils d'amiral, John McCain opère sur un triple registre.
- Pilote de l'aéronavale, son comportement comme "Prisoner of war" (POW) au Vietnam atteste de son courage et de son patriotisme. (Voir Mc Cain, War hero)
- Ayant eu l'expérience du combat, il aura à coeur de ne pas gaspiller des vies américaines."Seuls un imbécile ou un escroc parlent de la guerre de manière romantique. Alors que je n'avais que cinq ans mon père est parti pour la guerre. Quand mon grand-père est rentré à la maison de la guerre, il est mort le lendemain. J'ai été blessé par balle au Vietnam et j'ai passé cinq ans comme un prisonnier de guerre. ". (Voir McCain marie l'esthétique de Bruckheimer et l'éthique de John Wayne)
- Enfin, son expérience militaire le qualifie pour prendre les décisions suprêmes qui engagent l'avenir et la sécurité du pays : il se pose en "wartime president". (La nature exacte de ses compétences militaires est d'ailleurs controversée).
Le fait d'être passé par l'armée constitue t il un atout pour se faire élire ? Faut il avoir une expérience militaire, voire une expérience du combat, pour exercer la fonction suprême de Commander in Chief ?
Pour répondre à cette même questions, le citoyen américain puisera dans sa mémoire : une mémoire largement modelée par les fictions présidentielles, que celles-ci mettent en scène des Présidents historiques ou des Présidents imaginaires.
- Les citoyens américains savent sans doute (souvent grâce à des films et des séries TV) qu'Eisenhower était général et JFK un héros de la guerre dans le Pacifique.
- Les plus âgés auront peut être en mémoire que Franklin D. Roosevelt avait été secrétaire adjoint à la marine du président Woodrow Wilson, que Lyndon Johnson, Richard Nixon, Gerald Ford et George H. Bush servirent en temps de guerre dans la marine. (Jimmy Carter fut officier de carrière sur un sous-marin nucléaire.
- Ceux qui s'intéressent aux campagnes de 2000 et 2004 se souviennent probablement que John Kerry comme Al Gore servirent au Vietnam ( à la différence de George W. Bush, prudemment affecté à la Garde Nationale).
- S'agissant de Ronald Reagan, le souvenir est probablement plus confus : Reagan a bien été mobilisé en 1942 mais ce fut pour "jouer la guerre" à Hollywood.
Dans la plupart des fictions présidentielles des années 1090-2000, le Président est un civil.
Comme Bill Clinton, qui inspira largement la vague de films présidentiels des années 90, les Presidents Andrew Shepherd (Michael Douglas, The American President), Jackson Evans (Jeff Bridges, The Contender), Robert Baker (Roy Scheider, The Peacekeeper) , Edward Bennett (Donal Moffat, Clear and Present Danger) , Monroe "Eagle" Cole (Gene Hackman, Welcome to Mooseport, Robert Folwler (James Cromwell, The Sum of All Fears), par exemple, sont tous des civils.
S'agissant des "Prime-Time Présidents" (pour reprendre l'expression de Trevor Parry-Giles and Shawn J. Parry-Giles pour désigner les Présidents dans les séries TV), aucun n'a de passé militaire.
- Rien n'indique que le Président David Palmer de 24 heures soit passé par l'armée. En revanche, dans l'esprit du public, un brouillage s'opère fatalement entre l'acteur Dennis Haysbert (qui a souvent incarné des policiers et des militaires, notamment dans la série The Unit, une unité militaire secrète inspirée de la Delta Force) et le personnage de Président qu'il incarne dans 24 heures.
- Dans West Wing/A la Maison Blanche, le Président Josiah Bartlet (Martin Sheen) est un civil qui est passé de l'Université à la politique. Intimidé, dans un premier temps, à l'idée de devoir prendre des décisions qui engagent la vie de citoyens de soldats américains, il impose trés vite son autorité sur les chefs militaires, à commencer par l'Amiral Percy Fitzwallace, chef d'état-major interarmes, avec qui il noue une relation de confiance.
- La Présidente McKenzie Allen (Geena Davis) dans Commander in Chief n'a, elle aussi, aucune expérience militaire. C'est d'ailleurs l'un ressorts de la série que de voir comment une femme va exercer la fonction de Commander in Chief (d'où le titre) et s'imposer face aux chefs militaires.
Scott Baron rappelle que sur les 43 Présidents des Etats-Unis, seuls 25 étaient passés par l'armée. Et qu'avoir été un général célèbre ne garantit en rien de se faire élire : Winfield Scott Hancock et Douglas MacArthur concoururent à la Maison Blanche sans succès.
Voir aussi : Faut il avoir été militaire pour être Commander in Chief ? Le cas McCain
West Wing Saison 8 : le dilemme de McCain-Vinick face à la droite religieuse
Depuis les années 80, tout candidat républicain à la présidentielle est confronté à un dilemme : courtiser la droite chrétienne (et relayer ses exigences en matiére d'avortement et d'enseignement du créationnisme) et renoncer au vote d'une partie des électrices et des électeurs indépendants ou bien afficher son indépendance par rapport à la droite chrétienne et renoncer à l'apport en voix et surtout en mobilisation de la base républicaine.
John McCain a probablement perdu l'investiture lors des primaires 2000 en raison de l'hostilité de la droite religieuse? Il était allé jusqu'à dénoncer comme « agents de l’intolérance » les pasteurs évangéliques Pat Robertson et Jerry Falwell. Tirant les enseignements de la primaire de 2000, six ans plus tard, John McCain s'est employé à se concilier la droite religieuse. Il se rendit donc à Liberty University pour obtenir le soutien de Jerry Falwell, déclarant qu’il avait parlé un « peu vite » en 2000.
Au début de la primaire 2008, John McCain a donné à la droite chrétienne le gage attendu, s'engageant, à mots couverts, s’il était élu, à nommer à la Cour Suprême des juges favorables hostiles à l'avortement. La désignation de Sarah Palin, ouvertement pro-life, est un nouveau geste adressé à la droite chrétienne.
Pour les amateurs de West Wing, ce reniement de McCain n'est pas une surprise. Confronté au même dilemme, Arnold Vinick, favorable à l'avortement, hostile à la prière à l'école, doit se résoudre à désigner un candidat à la vice-présidence proche de la droite religieuse. Alors qu'il tente encore de biaiser et de brouiller les cartes, ses conseillers lui font valoir qu'il ne peut l'emporter sans satisfaire clairement les exigences de la droite religieuse.
West Wing Saison 8 : Tempête financiére et accident nucléaire redistribuent les cartes
Un événement peut ainsi modifier radicalement le cours d’une campagne.
C’est ce qui est en train de se produire avec la tempête financière, dont tous les analystes estiment qu’elle favorise Obama.
Comment ne pas penser à l’épisode "Duck and Cover" (Saison 7 - Episode 12 ) de West Wing au cours duquel une alerte nucléaire en Californie redistribue complètement les cartes, pour finalement assurer la victoire au démocrate Matt Santos ?
Alors que le candidat républicain Arnold Vinick jouit d'une énorme avance dans les sondages, un accident survient dans un réacteur nucléaire dans le sud de la Californie, provoquant la panique chez les millions de personnes vivant dans les environs. On apprend assez vite qu'Arnold Vinick, en tant que sénateur de la Californie, était intervenu quelques années plus tôt auprés de l’autorité de régulation pour obtenir son feu vert afin et obtenir la mise en marche accélérée de la centrale. Finalement, l’accident nucléaire est maîtrisé mais les révélations sur la manière dont Vinick (par ailleurs, partisan acharné du nucléaire) a contourné les exigences de sécurité s’avèrent désastreuses. Vinick chute dans les sondages, y compris en Californie, un des qwing states, à quelques jours du vote.
Des jeux vidéo pour simuler la campagne
Si la production de jeux politiques est finalement assez pauvre, trois simulations permettent tout de même de s’initier.
Misant sur une esthétique ronde et colorée, The political Machine, dont une version simplifée est disponible gratuitement, permet ainsi de vivre la campagne présidentielle de manière ludique et didactique. Pensé comme un jeu de stratégie, le titre réalisé par le studio Stardock, inclut toutes les dimensions de la lutte pour la présidence, de la recherche de fonds à l’écriture des discours.
Hollywood mobilise pour l'inscription sur les listes électorales
font une apparition pour inciter les citoyens à mettre leur bulletin dans l'urne le 4 novembre, expliquant que leur avenir et leurs droits sont en jeu.
Les acteurs les incitent à faire passer le message à cinq amis. "Si vous n'allez pas voter, je ne sais même plus quoi vous dire", explique Leonardo DiCaprio.
La video renvoie au site www.maps.google.com/vote pour obtenir plus d'informations en fonction de leur situation géographique, sur les modalités d'inscription sur les listes électorales et de vote.
mercredi 1 octobre 2008
"Movie Presidents" : nominations et classements
Cela fait plusieurs mois que les médias et les blogueurs recensent et classent les meilleurs "Movie presidents".
Cinematic Commanders in Chief
The five best movie presidents
The Best Ever: Movie Presidents
The Best Ever: Movie Presidents
Ce phénomène, amorcé lors de la campagne de 2004, prend une ampleur particulière en 2008.
Mr President sur ARTE le 12 octobre
Avec « Mister President » nous poursuivons l’enquête, amorcée, dans « Opération Hollywood » (diffusé sur ARTE en 2004), sur cette manière unique dont la puissance américaine se représente, se met en scène et se projette.
Dans « Opération Hollywood », nous disséquions les relations entre ces deux piliers du pouvoir américain que sont Hollywood et le Pentagone. Nous nous intéressons, cette fois, à l’axe Hollywood-Washington. Les relations entre la Maison-Blanche et les studios ont toujours été étroites. Elles changent de nature quand le Président des Etats-Unis devient un personnage récurrent des fictions hollywoodiennes. Emilio Pacull et Maurice Ronai
Voir aussi : Mr Président : la Présidence au miroir d'Hollywod (Extrait du dossier de presse ARTE-Films d'ici)Intervenants
Eli Attie : Il fut l’un des speechwriters de Bill Clinton et d’AL Gore. Avant de rejoindre l’équipe des scenaristes de West Wing. Attie est l'un des plus brillants disciples d’Aaron Sorkin. Le personnage de Will Bailey dans West Wing est directement inspiré d’Eli Attie.
Evan Cornog: Doyen, de la Columbia Journalism Review. Auteur de "The Power and the Story: How the Crafted Presidential Narrative has Determined Political Success from George Washington to George W. Bush".
Dennis Haysbert: Haysbert incarna le Président David Palmer dans quatre saisons de 24 heures, avant d’être assassiné dans la 5 éme. David Palmer incarne un Président démocrate, modéré, intègre, capable. Dans la saison 2, apres un attentat nucléaire sur le territoire américain, il est «révoqué » pour avoir refusé d’ordonner des représailles contre un Etat présumé coupable d’avoir parrainé les terroristes. Belle manifestation de sang froid et de lucidité. Palmer est assassiné dans la saison 5. Dennis Haysbert a critiqué publiquement ce choix narratif. Selon lui, Hollywood devrait arrêter de mettre en scène l’assassinat des présidents (« It buys into the legacy of the country. Every charismatic, wonderful leader we've ever had -- they've shot him. And we could've broken that legacy by letting David Palmer live on »).
Rod Lurie : On lui doit trois fictions présidentielles : Deterrence (un Président juif) et le trés intéressant The Contender (Le Président désigne une femme, la Sénatrice Laine Hanson, pour remplacer le Vice-Président. Un sénateur s’oppose à sa nomination et la met en cause pour une vielle une affaire de moeurs lorsqu'elle était étudiante). C’est aussi le créateur et réalisateur de la série Commander in chief qui installe une femme à la Maison Blanche. (Lurie fut écarté de la série après le 7 éme épisode).
Mary McDonnell incarna la First Lady Marilyn Whitmore dans Independence Day. Puis Mary Roslin dans Battlestar Gallactica. (Après la destruction des Douze Colonies de Kobol par les cylons, Secrétaire à l'éducation, seule survivante du gouvernement Adar, Mary Roslin devient Président des Colonies. Une enseignante, une « social worker » au poste de Commander in Chief ! Elle doit prendre des décisions difficiles, comme interdire l'avortement, pour stimuler la croissance démographique des quelques milliers de survivants de la civilisation coloniale).
Trevor Parry-Giles : professeur à University of Maryland, auteur (avec Shawn Parry-Giles) de "Prime Time Presidency", l'ouvrage de référence sur West Wing.
Joe Trento : Journaliste, auteur de The Secret History of the CIA, 1946-1989 , Prelude to Terror: The Rise of the Bush Dynasty, the Rogue CIA, and the Comprising of American Intelligence (2005), Scapegoat (2006), America and the Islamic Bomb (2007) et Unsafe at any Altitude (2007).
Jonathan Turley, professeur de droit a la George Washington University Law School. Turley a été classé au 38 eme rang des 100 « intellectuels publics » américains les plus cités et au second rang des professeurs de droit des plus cités.
Kenneth Baer, Directeur de Democracy: A Journal of Ideas, il a été speechwriter du Vice President Al Gore. Auteur de Reinventing Democrats: The Politics of Liberalism from Reagan to Clinton (University Press of Kansas, 2000), il enseigne à Georgetown University and at Johns Hopkins University. Il contribue au blog TPMCafe.

John Wells, le producteur de West Wing. Il a créé West Wing avec Sorkin, puis tint les rênes de la série après le départ de Sorkin.
Equipe
Réalisateur Emilio Pacull
Auteurs Maurice Ronai & Emilio Pacull
Image Ralf Oberti
Son Ted Roth
Montage Claire Atherton
Producteur délégué Serge Lalou
Producteur exécutif Mark Edwards
Une coproduction Les Films d’Ici – ARTE France
Produit en association avec
ARTV - Canada
CBC Newsworld – Canada
CinéCinéma - France
ERT S.A. – Grèce
SBS TV – Australie
SF – Schweizer Fernsehen – Suisse
Sogecable – Espagne
SVT – Suède
YLE Co-productions – Outi Saarikoski – Finlande
Avec la collaboration de
la RTBF – Télévision Belge
En coproduction avec
AVRO – Pays-Bas
Avec le soutien de
Centre National de la Cinématographie
Procirep et de l’Angoa-Agicoa
Programme Media de la Commission Européenne
Globe and Mail : A French doc looks at why film and TV presidents are handsome and competent
When French filmmaker Emilio Pacull set out to make a documentary about how American movies and television shows depict the U.S. presidency, he thought he would be offering a critique of Hollywood fantasy, media manipulation and the blurring boundary between TV and reality in the United States. Instead, he discovered that some much-needed idealism might be bleeding from the fictional world into real politics.
"I changed my mind," said Pacull in French in a telephone interview from Paris, where the Chilean-born director has worked for 35 years. "There is a real democratic force in Hollywood. I thought it was more monolithic but I realized there were individuals who can put forward new ideas.... The impression you are left with at the end of the film is of the great vitality of America and of American TV."
The film in question is Mr. President, an English-language documentary airing tonight at 10 on CBC Newsworld, which intersperses interviews with political journalists and Hollywood producers with clips from the many depictions of the president on film and TV, from Wag the Dog and The West Wing to Independence Day and 24.
It is part of a trilogy Pacull has in the works: The first part was Hollywood and the Pentagon, an investigation of how the Pentagon seeds positive images of the U.S. military on film in exchange for lending producers the hardware; the third will be about how the relationship between the Pentagon and the White House is represented on film, taking Pacull into the realm of power struggles and coups. But in the meantime, Mr. President addresses the pros and cons of America's many fictional depictions of its presidency.
La suite
John McCain-Folamour
La vision pessimiste et martiale du monde («There's going to be other wars. ... I'm sorry to tell you, there's going to be other wars. We will never surrender but there will be other wars.»), ses propos offensifs sur l'Iran, son refus d'envisager toute forme de retrait en Irak (assimilé à une capitulation), la logique "guerre froide" qui transparait quand il évoque la Russie ("Il est absolument nécessaire d'avoir un front uni et d'expliquer aux Russes qu'on ne peut pas être une super puissance ou une puissance au XXIe siècle et se comporter comme une dictature du XXe siècle"), jusqu'au slogan repris dans ses discours de campagne ( We're Americans. We're Americans, and we'll never surrender. They will.") inscrivent plutôt John McCain dans le sillage des néoconservateurs.Les polémistes démocrates et les activistes anti-mccain s'efforcent, avec constance, de rattacher McCain à l'imagerie apocalyptique de Dr Folamour.
Comme le montre cette vidéo.
Dr Strangelove occupe, il est vrai, une place de choix dans l'imaginaire géopolitique américain (tel que Hollywood a contribué à le nourrir, mais aussi à le façonner).
On raconte que lorsqu'il entra à la Maison Blanche en 1980, Ronald Reagan demanda où était la salle de guerre. Il fallut expliquer au nouveau président que cette salle était une pure invention de Stanley Kubrick.
Stanley Kubrick a notamment conçu deux figures, le Général « Buck » Turgidson (George C. Scot) et le Général Jack D. Ripper (Sterling Hayden) qui ont servi de matrice pour camper les personnages de "faucons" et de "vat-en guerre" dans les "films de sécurité nationale" des années 70, 80, 90 et 2000.
mardi 30 septembre 2008
Les Présidents de fiction préfèrés d'Obama et McCain
Entertainment Weekly a interrogé les deux (principaux) candidats à propos de leurs goûts en matière de culture populaire. On y apprend que Barack Obama apprécie le Parrain de Coppola, 'M*A*S*H,'' ''The Dick Van Dyke Show'' (ainsi que Frank Sinatra et Sheryl Crow) et John McCain ''Viva Zapata!,'' Indiana Jones, ''Seinfeld,'' ''The Wire'' (ainsi que Roy Orbison et Usher). On ne saura jamais si ces réponses sont spontanées ou si elles sont été lissées par les spin doctors.
Entertainment Weekly leur a aussi demandé leur "Président de fiction" préféré.
Barack Obama cite Jeff Bridges, le Président Jackson Evans dans The Contender de Rod Lurie (Manipulations), un film de 2001. "Ce fut un grand président au cinéma. Plein de charme, il se comporte de honorable. Il a une maniére unique de commander des sandwichs". A première vue, le personnage de Jackson Evans est aux antipodes de Barack Obama. Politicien chevronné, très direct, bon vivant, boulimique (il enfourne d'énormes Club sandwiches), il joue de son charme mais peut être rude et même brutal.
Le choix d'Obama n'en est pas moins intéressant, quant à la vision qu'il se fait (le "caractére") d'un "bon Président".Dans le film de Rod Lurie, le Président Jackson Evans doit désigner un vice-président pour succéder à celui qui vient de mourir subitement.
Il désigne une femme, la sénatrice Laine Hanson (Joan Allen). Fille de parlementaire, elle réunit toutes les qualités requises. Le leader Républicain au Sénat, Shelly Runyon (Gary Oldman) entreprend d' empêcher sa désignation. Il va jusqu'à exploiter des photos compromettantes de celle-ci, jeune étudiante, au beau milieu d’une partouze. Laine Hanson, sommée de s’expliquer mors d'une audition publique refuse refuse de s’expliquer sur des aspects de vie privée qui, estime-t-elle, n’ont pas à être mélangés à sa vie publique. Malgré le scandale , le Président Jackson Evans révèle de surprenantes qualités morales, maintenant jusqu'au bout son soutien et sa confiance à la sénatrice, malgré le silence obstiné dans lequel elle s'enferme, et l'impasse dans laquelle elle le place. (Obama a rencontré une fois Rod Lurie : il lui avait confié, en privé, l'affection qu'il éprouvait pour Jackson Evans-Jeff Bridges.)
John McCain, pour sa part, affiche sa préférence pour le Président de 24 heures, David Palmer. "Il est fabuleux. Il doit prendre des décisions difficiles, il assume, il est prêt à sacrifier son intérêt au nom de l'intérêt du pays."
Choix paradoxal, aussi : David Palmer couvre de son autorité les techniques extrêmes d'interrogatoire de Jack Bauer, alors que McCain, l'ancien prisonnier de guerre, avait contesté le recours à la torture.
Ralph Nader acteur de sitcom
Cette vidéo, promue par la campagne Nader, présente comme le premier épisode d'une sitcom met en scène Ralph Nader et la fameuse Obama Girl. Nader partage un bureau avec Obama Girl. Elle conseille à Nader de muscler ses messages. La vidéo met également en scène l'ex-Gouverneur du Minnesota indépendant, Jesse Ventura (et ex-catcheur).
West Wing Saison 8 : Let McCain be McCain
Dans l'un des premiers épisodes de The West Wing, le Président Jed Bartlet et Leo McGarry discutent de la difficulté à agir et faire valoir des convictions quand on dépense toute son énergie négocier des compromis avec tout le monde. Le Président a encore perdu 5 points dans les sondages. Un article incendiaire soulignant le manque de cohésion de l'équipe est sur le point d'être publié. Léo annonce au Président qu'il est temps de défendre les valeurs auxquelles il croit. Ils décident ensemble de passer à l'action, de faire prévaloir leurs convictions et les engagements de campagne sur l'objectif d'un second mandat. "Avez vous une stratégie pour cela ?" demande le Président. "Let Bartlet be Barlet" répond Léo.
La journaliste républicaine, Peggy Noonan, qui a collaboré à West Wing comme consultante, avait ce dialogue mémorable à l'esprit quand elle a publié en juin dernier, dans le Wall Street Journal, une tribune titrée "Let McCain be McCain". Dans ses relations avec les journalistes comme dans ses interventions à la télévision, elle y conseille au candidat républicain d'être lui-même.
West Wing Saison 8/ Jed Barlet à Barack Obama "Soyez en colère, ce sont des menteurs !"

L'éditorialiste Maureen Dowd (qui fut la compagne d'Aaron Sorkin et inspira, semble t il, le personnage de la journaliste Karen Cahill dans l'épisode The Leadership Breakfast-Saison 2) a imaginé une rencontre entre Barack Obama et Jed Barlet.
Ces dialogues imaginaires ont été publiés dans le New Tork Times au lendemain de la Convention Républicaine.
Bartlet : Que puis-je faire pour vous, mon petit ?
Obama : Des conseils
Bartlet : Je ne peux pas. Je soutiens déja McCain. Il a promis d'éradiquer le mal et c'est ce que j'aurai bien aimé faire. Il s'est entouré de la meilleure équipe possible pour sortir d'une crise économique.
Obama : Je vous remercie pour votre sens de l'humour, Monsieur le Président, mais j'attends de vous quelques conseils.
Bartlet : Eh bien, il me semble que votre problème est un peu celui que j'ai eu à deux reprises.
Un grand nombre d'Américains pensaient que je pensais leur être supérieur.
Obama : Et comment avez-vous surmonté cela ?
Bartlet : Je ne vais pas vous mentir. Etre un personnage de fiction a été un grand avantage.
L'idée de l'exceptionnalisme américain n'impose pas aux Américains d'être exceptionnels. Vous acez été un brillant universitaire et vous et vous avez du vocabulaire. Les gens qui veulent que l'anglais soit la langue officielle des États-Unis sont mal à l'aise avec des dirigeants qui parlent anglais couramment.
Si au mois vous aviez eu une fille noire
Obama : J' en ai deux.
Bartlet : ... Agée de 17 ans et enceinte d'un adolescent... Pourriez obtenir de Michelle qu'elle tombe enceinte avant la fin de l'automne ?
Obama : Le problème, c'est qu'on ne veut pas donner l'impression que nous sommes en colère.
Bartlet : Laissez moi réfléchir ... Nous sommes partis en guerre contre le mauvais pays, Ben Laden court toujours, ma famille est moins en sécurité qu'il y a huit ans, nous avons perdu des milliards de dollars, des millions d'emplois, des milliers de vies et nous avons perdu toute une ville à cause de la météo. Moi, je suis plutôt en colère.
Obama : Que feriez-vous?
Bartlet : Mettez vous en colère ! Traitez les de menteurs, parce que c'est ce qu'ils sont. Vous avez été élevé par une mère célibataire. Comment un type qui posséde huit maisons et qui a fait l'Académie navale d'Annapolis peut avoir le front de vous présenter comme appartenant à l'élite? Si vous ne faites rien d'autre, au moins essayez de retourner ce mot. Elite, c'est un joli mot, cela veut dire être au-dessus de la moyenne. Je leur demanderai de m'expliquer le problème qu'ils ont avec avec l'excellence. Pendant que vous y êtes, je veux que le mot "patriote" soit de retour. McCain peut dire que la question majeure de notre temps est celle de la propagation du fanatisme islamique ou il peut choisir un candidat à la vice-présidence qui ne distingue pas la doctrine de Bush de celle de Monroe, mais il ne peut pas faire les deux en même temps. Ils doivent mentir. Soyez en colère. McCain dénonce les agents de l'intolérance, alors choisi une vice-présidente qui censure des livres dans une bibliothèque publique. Palin pense que la Terre a été créé en six jours il y a 6000 ans avec un homme, une femme et un serpent qui parle. Elle veut que nos écoles forment nos enfants à ignorer la géologie, l'anthropologie, l'archéologie ...
Vous avez quatre débats télévisés à préparer. Sortez d'ici et retournez travailler.
lundi 29 septembre 2008
Mr Président : la Présidence au miroir d'Hollywod
America's politics would now be also America's favorite movie, America's first soap opera, America's best seller.
Norman Mailer
Jusqu’aux années 90, le cinéma américain ne mettait en scène la figure du président des Etats-Unis que par intermittence.
Le POTUS (Président of United States) est désormais présent dans un très grand nombre de films. Comme personnage principal, ou au second plan.
Près d’une centaine de films et séries TV depuis le début des années 90.
Les fictions présidentielles traversent tous les genres: comédie romantique, film policier, science-fiction, film catastrophe, thriller politique… Elles mettent en scène des présidents réels (« historiques » ou contemporains) et des Présidents imaginaires (inventés de toutes pièces ou directement inspirés de présidents réels).
Le Président entraîne, à sa suite, tout un cortège de personnages: sa famille, les agents du Secret Service, le Chief of Staff, le conseiller de sécurité nationale, le Chef d’Etat Major interarmées, son équipe, certains voire tous les ministres de son Cabinet, le vice-président.
Pour bâtir leurs récits, les scénaristes font appel à des conseillers ayant travaillé à la Maison-Blanche. Ils puisent dans l’histoire récente ou dans l’actualité la plus brûlante : ils activent ou raniment des controverses de politique intérieure.
L’irréalisme des situations dans lesquels les scénaristes plongent les présidents n’exclut pas un souci scrupuleux dans la reconstitution des lieux (de l’aménagement intérieur d’Air Force One à la topographie du 1600 Pennsylvania Avenue). Ces fictions se déploient dans la quasi-totalité de la Maison-Blanche : elles nous font pénétrer dans la Bedroom présidentielle comme dans la Situation Room.
Les épreuves auxquelles Hollywood soumet les présidents, les situations dans lesquelles elle les plonge, mettent à jour les craintes, les doutes, comme la confiance en elle-même de la société américaine: son exceptionnelle vitalité mais aussi ses zones d’ombre.
Combinant extraits de films et de séries télévisées, archives, interviews, tournages sur les hauts lieux de cette géographie présidentielle, nous nous proposons d’explorer les ressorts et les recettes de cette « fabrique de présidents ».
Trois fils directeurs
Trois fils directeurs nous guident à travers l’exploration de cette « fabrique de Présidents ».
Le premier fil directeur s’inscrit à l‘intérieur de la double économie, commerciale et narrative, d’Hollywood.
Economie commerciale : pourquoi les studios produisent-ils des films Présidentiels et surtout pourquoi en produisent-ils autant ? Economie narrative : comment les Présidents sont-ils mis en fiction ?
On s’intéresse en particulier à cette logique de « récurrence » qui se met en place, de fiction présidentielle en fiction présidentielle, depuis plus de 40 ans. Récurrence des situations auxquelles le chef de l’exécutif est confronté ou qu’il doit surmonter.
Récurrence, aussi, des acteurs qui incarnent, de film en film, le Président. Récurrence, enfin, du décor de la Maison-Blanche.
Une logique quasi-feuilletonesque, qui confère aux fictions présidentielles tous les traits d’une série. Et ce, avant même que la télévision ne transforme, avec « West Wing » et « Commander in Chief » la série des fictions présidentielles en séries-TV présidentielles.
Le second fil directeur est politique. Il procède d’un constat : les fictions présidentielles au cours des quinze dernières années (et singulièrement depuis le 11 septembre) accorde une place prééminente aux prérogatives internationales et militaires du POTUS.
La « fabrique des présidents » met en scène et théâtralise le Président dans son rôle constitutionnel de « Commander in Chief ». Elles nous font vivre ou revivre les grands moments de la Guerre Froide, les « conflits de basse intensité » des années 70, les « guerres humanitaires » des années 90, les « opérations spéciales » de la lutte antiterroriste. Elles brassent, entremêlent souvent , les ennemis d’hier et ceux d’aujourd’hui.
Le troisième fil directeur nous conduit à observer les télescopages qui s’opèrent entre les « fictions présidentielles » et la vie politique réelle. On s’interroge, sur les effets proprement politiques des fictions présidentielles.
La Fabrique des Présidents
Les Pères Fondateurs avaient souhaité limiter les pouvoirs du Président. Ils seraient surpris de voir la place centrale que le Président occupe aujourd’hui dans le système politique américain. Et ils seraient surpris de découvrir toutes les choses qu’il peut faire dans les films.
Voici quelques recettes pour le succès d’une fiction.
Les acteurs-présidents
Le choix des acteurs contribue à cette impression de feuilleton.
Ainsi, Martin Sheen a interprété le Chief of Staff d’un président, Robert Kennedy, John Kennedy, avant d’incarner Josiah exécutif.
Alan Alda joue le Président dans « Canadian Bacon » (1995), puis le candidat républicain dans « West Wing », en 2006.
Cette surexposition de la figure présidentielle au cinéma se prolonge à la télévision avec « West Wing » (sept saisons, 1999-2006), « Commander in chief » et « 24 heures » (sept saisons, depuis 2001). 24 heures a d’ores et déjà « consommé » quatre présidents: David Palmer, John Keeler, Charles Logan et Wayne Palmer.
Une géographie du pouvoir : 1600 Pennsylvania Avenue
L’unicité du lieu « Maison-Blanche » renforce cette impression de « continuité » des « films présidentiels ». Plusieurs studios disposent de répliques du 1600 Pennsylvania Avenue, plus ou moins précises. « Le Président et Miss Wade » en 1995 a pu être tourné dans le décor qui avait été créé, avec un grand souci du détail, pour « Dave », en 1993. C’est ce décor de la Warner à Burbanks qui a permis de produire, au meilleur coût, le pilote de « West Wing ». Pour les besoins de « West Wing », ce décor a été agrandi et compte désormais parmi les plus imposants du monde. Il a été utilisé depuis pour les tournages de Contact, de « Mars Attacks! » et de « Independence Day ».
Dramaturgies de la Puissance: Le « Commandant en chef »
En situation de guerre, ou de crise, le centre du pouvoir se déplace vers la Maison-Blanche. Le Congrès passe au second plan. Tout remonte vers le Commandant en chef des armées. La Présidence se fait « impériale ».
La bombe atomique avait magnifié les présidents Truman et Eisenhower en maîtres du feu nucléaire. La crise des missiles et celle de Berlin confortent la posture « impériale » de John Kennedy .
Les bases de cette double dramaturgie de la Puissance américaine et de la Présidence ont sans doute été jetées par deux films produits sous la Présidence Kennedy : « Fail-Safe » et « Dr. Strangelove ». Ces deux films placent le Président au coeur d’une crise nucléaire.
En observant avec attention les fictions présidentielles, (singulièrement depuis le 11 septembre), tous genres confondus, nous voyons qu’elles accordent une place prééminente aux prérogatives internationales du chef de l'exécutif : commandant en chef des armées et chef de la diplomatie.
Le Commandant en chef va t il se ranger à l’avis des « Faucons » ou à celui des « Colombes » ?
Caractère, sang-froid, lucidité: les fictions présidentielles dressent ainsi le portrait-robot du « bon Président ». Elles invitent les spectateurs, qui sont aussi des électeurs, à réfléchir sur le type de personne idéale pour jouer ce « rôle ultime ».
Quand le réel dépasse la fiction
Les apparitions télévisées du Président des Etats-Unis mobilisent désormais des techniques directement empruntées à Hollywood. Décor en toile de fond, éclairages, angle des caméras : tout est fait pour mettre en valeur le Président. Amorcée sous Reagan, cette orchestration hollywoodienne de l’imagerie présidentielle a atteint des sommets sous la Présidence Bush. Ses conseillers en communication se sont assurés les services de Scott Sforza, un ex-producteur de la chaine ABC. Rien n’est laissé au hasard.
Sforza a confirmé que pour le discours anniversaire du 11 septembre, les équipes du Président Bush avaient loué trois barges de projecteurs Musco des équipements de lumiere habituellement utilisés pour éclairer les stades et les concerts rock géants.
Lors d’une allocution télévisée en direct du Mont Rushmore, les équipes de la Maison Blanche ont placé les caméras de manière à ce que le profil du Président s’aligne dans la continuité des quatre Présidents.
« Mission accomplie »
Tout le monde a en mémoire l’arrivée en avion du Président Bush à bord du porte-avions nucléaire USS Abraham Lincoln le 1er mai 2003. Le président y annonçait la fin des « opérations de combats majeures ». La tour de commandement du navire arborait une banderole «Mission Accomplished».
L'arrivée en jet, le choix de l’uniforme : cette mise en scène très calculée du Président en chef de guerre parmi ses troupes évoquait irrésistiblement Top Gun (mais aussi le Président Pulman d’Independence Day…)
Jonathan Turley commente cet épisode dans le film :
« George Bush inverse la façon dont sont construites les images présidentielles. Avant, c'était Hollywood qui caricaturait les présidents. Aujourd'hui, c'est comme si le président Bush amenait directement Hollywood dans le bureau ovale. »
Josiah Bartlet : la Présidence virtuelle
Certaines fictions présidentielles opèrent sur le registre de l’évasion face à une réalité politique insatisfaisante. C’est le cas de « West Wing ».
Cette série a démarré en 1999. A partir de l’élection de George Bush Jr, en 2000, « West Wing » (qui durera sept saisons) bénéficie d’audiences exceptionnelles pour une série aux scénarios sophistiqués et aux dialogues exigeants : elle suscite des phénomènes très singuliers d’adhésion dont témoignent toute une série de blogs.
Visiblement, dans cette "fiction consolatrice", une partie du « peuple démocrate » se sentait mieux gouvernée et représentée par ce Président « virtuel ». Les téléspectateurs républicains pouvaient eux aussi adhérer à un Président libéral qui faisait preuve d’autorité, et à une série qui mettait en relief des Républicains vertueux (comme l’adversaire de Matt Santos, incarné par Alan Alda, dans les épisodes 6 et 7).
Selon les mots de John Wells, producteur de « The West Wing » et auteur de nombreux épisodes clés avec Aaron Sorkin :
« Le personnage de Bartlet est devenu une synthèse de toutes nos espérances, de tous les rêves que nous avions pu faire depuis l'adolescence ; c'était la personne pour qui on avait envie de voter. Et quand on trouvait qu'on en donnait une vision un peu trop idéalisée, on faisait marche arrière. Je ne voudrais pas donner l'impression d'être d'un optimisme béat, mais on se disait que si on arrivait à montrer quelqu'un qui répondait à nos attentes, aux attentes et aux espoirs des gens, peut-être que les hommes politiques auraient envie de s'élever un peu, de tendre un peu vers cette image. Ce qui a été le cas d'ailleurs. Vous ne pouvez pas imaginer le nombre d'hommes politiques qui sont venus visiter les studios de "West Wing" et qui se sont fait prendre en photo avec Martin Sheen ; comme si le simple fait d'être à côté de ce personnage de fiction pouvait améliorer leur propre image. »
Présidentielles 2008 : Hollywood imagine le futur
La concordance de la diffusion de la série « Commander in chief » avec la pré-candidature d’Hillary Clinton a suscité un débat sur la capacité d’une fiction à faire évoluer l’opinion américaine quant aux capacités d’une femme à présider.
Dans cette série (qui a d’ailleurs été interrompue, faute d’audience), on voit une femme accéder à la fonction suprême, suite au décès du Président. Pour asseoir sa légitimité de Chef des armées, elle est amenée à nommer un général au poste de vice-président.
Cette série n’est pas un cas isolé : l’hypothèse d’une Présidence féminine a été esquissée dans plusieurs films tout au long des années 90.
L’apparition de Présidents noirs, intègres et responsables (Morgan Freeman-Tom Beck dans “Deep Impact” ou encore à Dennis Haysbert-David Palmer dans « 24 heures ») a-t-elle préparé les esprits à la candidature de Barack Obama ?
L’élection de Matt Santos (dans la saison 7 de « West Wing ») préfigure-t-elle l’élection d’un Président latino en 2012 ou 2016 ?
Tous ces troublants chassés-croisés suggèrent que la ligne de partage entre la « politique réelle » et ses représentations filmiques est de plus en plus ténue.
mercredi 24 septembre 2008
Mr President sur la RTBF lundi 29 septembre 22:20
Site de la RTBF
West Wing Saison 8 : Débat télévisé Santos/Obama vs Vinick/McCain
McCain et Obama s'y préparent intensivement. Barack Obama a choisi un hôtel de luxe de Floride, avec golf et spa, pour préparer pendant trois jours le débat avec ses conseillers.
Le New York Times présente dans une vidéo la manière dont les deux candidats se comportent dans ce type de débats.
Vont-ils, au cours de leurs training sessions se repasser des images du débat Vinick-Santos (7 ème episode, 7 éme saison de West Wing) diffusé sur NBC le 6 novembre 2005 ?
Tourné dans les conditions d'un débat réel, le débat fut diffusé en direct sur NBC, à l'automne 2005. On voit d'abord les deux candidats dans les coulisses se préparer pour la confrontation, puis pénétrer sur la tribune. Matt Santos traverse l'estrade pour aller serrer la main d'Arnold Vinick, le sénateur de Californie, qui, lui, s'était dirigé directement vers son lutrin. Tout de suite on se demande si Arnold Vinick n'est pas déjà complètement concentré sur ce qu'il veut dire, au point qu'il en oublie les règles élémentaires de la courtoisie. Vinick rend sa poignée de main à Santos avec le sourire légèrement agacé. Déstabilisé ?
Le présentateur vedette de NBC News, Forrest Sawyer, unique modérateur du débat, rappelle les règles du débat: 2 minutes d'opening statement pour chacun des candidats puis des questions posées par Forrest, questions qu'il a lui-même choisies sans rien en révéler aux candidats. Chacun d'entre eux devra répondre à tour de rôle pendant deux minutes, suivies d'un échange de 1 minute qui pourra être augmenté de 30 secondes si Sawyer le décide. Forrest Sawyer précise les règles des lumières jaune et rouge selon qu'il reste ou non 15 secondes à l'intervenant, Matt Santos intervient : "I think it's time on the rules".
On attend l'opening statement de Vinick qui a gagné le tirage au sort. Vinick se tait, puis propose de bazarder les règles ("junk the rules") et d'avoir "a real debate"! "Pas comme au sénat, où vous tiendrez le micro sans le lâcher pendant une heure?" précise Santos, qui accepte.
Les deux acteurs, aidés par un prompteur, improvisent en partie.
Pendant 52 minutes, ils vont s'affronter sur la peine de mort, l'énergie nucléaire, ou les réductions d'impôt. Un débat d'un grand classicisme, Santos assumant une vision du monde démocrate et Vinick une vision du monde républicaine.
Ainsi sur la question de l'immigration.
Vinick : "Appliquer la loi en premier lieu, c'est ma politique. Je doublerai les effectifs des patrouilles de la police des frontières."
Santos : "Je ne sais pas comment vous allez financer le doublement des patrouilles avec la réduction d'impôt que vous proposez "
Un peu plus tard, Santos s'engage à créer un million d'emplois au cours de son mandat.
"Et vous, combien d'emplois allez-vous créer ?" demande Sawyer à Vinick.
Vinick : "Aucun. Ce sont les entrepreneurs qui créent des emplois. Ce sont les entreprises qui créent des emplois. Le Président ne doit pas s’en mêler.
Santos : Lorsque des dirigeants corrompus pillent une entreprise comme Enron, le Président ne doit pas s’en mêler ?
Vinick : Là, il s’agit de fraude, et je les poursuivrai. Mon candidat à la vice-présidence, Ray Sullivan, a poursuivi la criminalité en col blanc, quand il était procureur et mon ministre de la justice sera ferme.
Santos : Lorsque les dirigeants des compagnies aériennes mettent leurs entreprises en faillite pour éviter de payer les retraites des travailleurs qui ont consacré leur vie à ces sociétés, le Président ne doit pas s’en mêler ?
Vinick : Certaines de nos plus anciennes compagnies aériennes ont du mal à répondre à leurs énormes obligations en matiere de retraites face à la concurrence des compagnies aériennes à bas coûts qui sont si jeunes qu’elles n’ont pas encore de retraites à verser. Seul un libéral irréfléchi peut décrire les compagnies aériennes menacées de faillte comme des méchants capitalistes qui ne pensent qu’à gruger leurs travailleurs.
Santos : Je n'ai pas dit cela, Sénateur, ne m’attribuez pas des mots que je n’ai pas prononcés
Vinick : Non, vous n’avez pas dit cela, vous n'êtes pas un libéral irréfléchi. L’êtes vous ?
Santos : Je sais que vous aimez brandir ce mot" libéral "comme s'il s'agissait d'une insulte.
Vinick : Non, je suis désolé. Je n’aurais pas dû utiliser ce mot. Je sais que que chez les démocrates, « libéral » est devenu un gros mot. Comment vous qualifier ? Progressiste ? C’est ça ?
Santos : C'est vrai. Les Républicains fait du mot « liberal » presque une insulte. Ce sont pourtant des libéraux qui ont mis fin à l’esclavage dans ce pays.
Vinick : C’est un président républicain a mis fin à l'esclavage».
Santos : Oui, un libéral républicain, Sénateur. Que sont ils devenus ? Ils ont quitté votre parti. Ce sont des libéraux qui ont donné le droit de vote aux femmes. Ce sont des libéraux qui ont donné le droit de vote aux aux noirs ? Ce sont des libéraux qui ont créé la sécurité sociale et permis à des millions de personnes âgées de sortir de la pauvreté. Ce sont des libéraux qui ont mis fon à la ségrégation. Des libéraux qui ont adopté la loi sur les droits civiques, créé Medicare, adopté le Clean Air Act, la Loi sur l'assainissement de l'eau. Quant aux conservateurs, ils se sont opposés à chacune de ces avancées. Vous me traitez de "libéral", comme si je devais en avoir honte, comme quelque chose de sale, ou quelque chose à fuir. Eh bien, cela ne marchera pas, Sénateur. Parce que j’assume cette étiquette et j’en suis fier.
Les producteurs de West Wing et NBC financèrent même un sondage après le débat présidentiel diffusé en direct sur NBC. Zogby demanda aux téléspectateurs qui l’avait emporté, de Matt Santos ou de d'Arnold Vinick ? Plus intéressant encore : 67% des téléspectateurs de “West Wing” déclarèrent aux sondeurs qu’ils avaient préféré le débat plutôt que le véritable débat entre deux vrais candidats, 77% jugeant les vrais débats présidentiels trop prévisibles.
lundi 22 septembre 2008
Canada : Mr. President le 29 septembre sur CBC
As we try to understand what it means to be president of the United States, one of the increasingly powerful influences is fiction, in particular the hundreds of hours of TV and movies that have made "stars" of the men and women who work in the Oval Office.
As we try to understand what it means to be president, one of the places we turn to for examples is fiction. Hollywood has fictionalized the lives of numerous real presidents and created dozens of imaginary ones (over 60 films in the last 15 years alone). Recently, Mr. (or Madam) President has become an international star thanks to TV series (West Wing, 24, Commander-in-Chief). Combining clips from films and TV series, archives, interviews (historians, journalists, actors, directors, screenwriters, speechwriters and political analysts), and footage from key Presidential locations, this documentary explores the resources and recipes behind this "presidential factory" and examines various interconnections between political life and "presidential fiction."
Mr. President was produced by Serge Lalou and Mark Edwards in coproduction with Les Films d'Ici - ARTE France.

