jeudi 3 juillet 2008
Commander in Chief (lexique)
Les fictions présidentielles au cours des quinze dernières années (et singulièrement depuis le 11 septembre) accordent une place prééminente aux prérogatives internationales et militaires du Président des Etats-Unis. Elles mettent en scène et théâtralisent le Président dans son rôle constitutionnel de « Commander in Chief ». Les bases de dramaturgie du Président comme Commander in Chief ont sans doute été jetées par deux films produits sous la Présidence Kennedy : « Fail-Safe » et « Dr. Strangelove ». Ces deux films placent le Président au coeur d’une crise nucléaire.
Films et séries télévisées accompagnent ainsi (et amplifient) une mutation du systéme politique américain : à travers la Guerre froide, la concentration du pouvoir nucléaire entre les mains d’un seul homme, la gestion des crises de l’après Guerre froide, puis la « guerre contre le terrrisme », le centre du pouvoir s’est déplacé vers la Maison-Blanche.
Un conflit armé en Asie centrale, un attentat terroriste au Moyen-orient, des américains blessés ou kidnappés quelque part dans le monde, une opération de paix qui tourne mal : tout remonte vers le Commandant en chef des armées. "There is a situation, Mister President". Les réunions du Conseil National de Sécurité dans la Situation Room sont un passage obligé de toute fiction présidentielle.
Une des séries TV présidentielles a d'ailleurs pour titre «Commander in chief ». On y voit une femme, la Vice-présidente, accéder à la fonction suprême, suite au décès du Président.
Presidentialité/Presidentiality (lexique)
- Ensemble de qualités requises pour exercer la fonction présidentielle : autorité, expérience, esprit de décision, caractére, hauteur de vue…. Renvoie aussi à une maniére d’être : "Acting Presidential"
- Notion floue, et probablement évolutive : les qualités attendues d’un Président ne sont probablement pas les mêmes avant et après Franklin Roosevelt, Kennedy ou Reagan.
- Si la Constitution attribue au President des Etats Unis le titre et l’autorité de «Commandant en chef des forces armées » (Commander in Chief), cette dimension militaire et internationale de la « présidentialité » a pris une importance croissante avec la Seconde Guerre mondiale, puis avec la Guerre froide.
- A distinguer peut être de la « présidentiabilité » qui désignerait les conditions et qualités à réunir pour concourir à l’election présidentielle. Présidentialité et Présidentiabilité n’en restent pas assez proches assez proches : un présidentiable doit manifester une certaine présidentialité.
- La présidentialité est classiquement opposée à l’électabilité : il ne suffit pas d’être présidential pour être « électable ». Et inversement. On oppose tout aussi classiquement présidentialité et popularité.
A noter que la notion de présidentialité est entrée en France dans le langage courant en 2007. Interrogé sur les causes de l’échec de Ségolene Royal en 2007, Laurent Fabius mentionnait, dans une interview au Monde le 27 juin 2007, un « triple déficit est apparu : présidentialité, crédibilité, collégialité. ».
En mars 2008, après une brutale chute de popularité, Nicolas Sarkozy aurait entrepris de "restaurer sa présidentialité ».
samedi 7 juin 2008
Castings présidentiels et carriéres politiques de celluloïd
Norman Mailer, décrivant l’arrivée de John Kennedy à la Convention démocrate en 1960 (il est encore candidat à la candidature) compare celle-ci à une scène de cinéma : « it was the scene where the hero, the matinee idol, the movie star comes to the palace to claim the princess ». Et Mailer de conclure :« la politique américaine allait devenir le film préféré des Américains».
Une prédiction lumineuse, qui se confirma avec Ronald Reagan. L’ex-responsable syndical des acteurs d’Hollywood ne faisait pas mystère des liens évidents entre la politique et l'art de la comédie. Il reconnaissait volontiers qu’il continuait à « jouer un rôle » dans ses fonctions à la Maison Blanche. « Il y a des moments où je me demandais comment il était possible de faire son travail de président sans avoir été acteur auparavant. » Ronald Reagan rappelait ainsi une donnée majeure de la vie politique : l'utilisation des techniques du show-business dans la conduite d'une campagne et d'un débat électoral.
Evan Cornog va plus loin : il compare l'élection présidentielle à une séance de casting ("A casting session on a national scale") qui permet au public de jauger les capacités des candidats pour jouer le rôle du Président.
Comment les producteurs et les metteurs en scène choisissent ils les acteurs pour incarner le Président dans les fictions présidentielles ?
1. Il arrive que les studios fassent appel à des "stars", ces figures qu'Edgar Morin qualifiait d'olympiennes, parce que vivant , comme les Présidents (et les Rois) « au-dessus du commun des mortels ». Mais cela reste l'exception.
- Sidney Lumet fit appel en 1964 à Henry Fonda pour incarner un Président directement inspiré de John Kennedy dans Point limite (Fail-Safe). Une partie du public avait encore en tête son interprétation du jeune Abraham Lincoln dans « Vers sa destinée » de John Ford. Henry Fonda nouait ainsi, dans l’esprit du public, les images de Kennedy et celle du Président Lincoln. Le public avait aussi en tête l'intègre et irréprochable Robert Leffingwell dans Advise and Consent en 1962 : désigné par le Président pour devenir secrétaire d'Etat, il doit faire face aux réticences (aux relents maccarthystes) de puissants sénateurs. En 1964, dans The Best Man (Que le meilleur l’emporte),Henry Fonda avait incarné un candidat à la Présidence qui refusait d’utiliser de sales méthodes pour écarter son concurrent. Henry Fonda réendossera l'habit présidentiel une derniére fois , en 1979, dans Meteor.
- En dépit se sa ressemblance avec Abraham Lincoln, les studios ne firent appel à Gregory Peck qu'une seule fois, en 1985, pour la minisérie TV The Blue and the Gray.
- Si les studios firent appel à Harrison Ford pour jouer le Président Ryan dans Air Force One, leur choix était partiellement guidé par une contrainte de cohérence puisqu'Harrison Ford avait déja incarné Jack Ryan dans Patriot Games (en 1992) et dans Clear and Present Danger en 1994. Rob Reiner fera appel en Michael Douglas pour le Président Shepherd en 1995 dans The American President.
2. S'il n'est pas inutile d'être une star pour incarner le Président, c'est loin d'être une condition préalable.
En fait, il semble que s'est constituée, au fil des années 80 et 90 une petite cohorte d'acteurs, qui de film en film, de rôle en rôle (conseiller du Président, Secrétaire à la Defense, Conseiller pour la sécurité nationale, Chief of Staff) circulent dans les allées du pouvoir et les couloirs de la Maison Blanche.
Aprés avoir incarné dans de nombreux films des personnages exerçant des fonctions d'autorité (juge, procureur, officier, directeur d'une agence civile) ou de membre du Congrès, ils gravissent un à un les échelons d'une carrière politique qui les conduit, in fine, à la Présidence (souvent, aprés un étape à la Vice-Présidence).
- Donald Moffat après avoir incarné Lyndon B. Johnson dans « The Right Stuff » incarne le Président Bennett dans « Clear and Present Danger ».
- Edward Hermann incarne Franklin D. Roosevelt dans « Eleanor and Franklin » avant d’être le Président Arthur Fellwick dans « Atomic Train »
- James Cromwell a joué le Président Robert Fowler dans The Sum of All Fears en 2002 et l'ex-Président Newman dans The West Wing, George Bush Père dans W d'Oliver Stone (tournage en cours).
- Gene Hackman joue le conseiller politique d'un candidat dans Les Coulisses du pouvoir (Power) en 1986, le Secrétaire à la Défense dans Sens unique (No Way Out) en 1987, le commandant d'un sous-marin dans USS Alabama (Crimson Tide) en 1995, le Président Président Allen Richmond dans « Absolute Power » (les Pleins pouvoirs) en 1996, un Amiral dans Behind the enemy lines en 2001, l'ex-Président Monroe Cole dans Welcome to Mooseport en 2004.
- Alan Alda incarne le Président dans l'étonnant « Canadian Bacon » de Michael Moore en 1995, puis le candidat républicain Arnold Vinick dans « West Wing », en 2006.
- Martin Sheen a successivement interprété Robert Kennedy en 1974 (The Missiles of October), John Kennedy en 1983 (Kennedy), le Chief of Staff du Président Shepherd en 1995 (Le Président et Miss Wade), avant d’incarner le Président Jed Bartlett dans West Wing.
- Richard Dreyfuss avait (brillamment) incarné le Sénateur Bob Rumson dans The American President (Le Président et Miss Wade), Alexandre Haig, le Chief of staff de Ronald Reagan dans le téléfilm The Day Reagan Was Shot, puis le Président dans l'impressionnant remake de Fail Safe (Point limite) de Stephen Frears en 2000. Il avait joué le Président d'une République bananiére dans Moon Over Parador en 1988. En 2008, il joue le rôle Dick Cheney dans W d'Oliver Stone.
Oliver Stone fait appel à Richard Dreyfuss pour incarner Dick Cheney
Le tournage a démarré le 12 mai. La sortie est prévue pour Octobre 2008.
C'est Richard Dreyfuss qui joue le rôle Dick Cheney dans "W" , le film d'Oliver Stone sur George Bush Jr, déja commenté ici .James Cromwell (qui avait joué le President Robert Fowler dans The Sum of All Fears en 2002 et l'ex- President Newman dans The West Wing) a été retenu pour jouer George Bush Père.
Richard Dreyfuss avait déjà (brillamment) incarné le Sénateur Bob Rumson dans "The American President (Le Président et Miss Wade), Alexandre Haig, le Chief of staff de Ronald Reagan dans le téléfilm The Day Reagan Was Shot, puis le Président des Etats-Unis dans l'impressionnant remake de Fail Safe (Point limite) de Stephen Frears en 2000. Il avait joué le Président d'une République bananiére dans Moon Over Parador en 1988.
Richard Dreyfuss et James Cromwell rejoignent ainsi la petite cohorte d'acteurs, qui de film en film, et de rôle en rôle (conseiller du Président ou membre du Cabinet, Procureur, Chief of Staff, sénateur, vice-président) circulent dans les allées du pouvoir (Congrés, Maison Blanche, Pentagone ou agences civiles) et gravissent un à un les échelons d'une carriére politique qui les conduit, in fine, à la Présidence.
"Recount" sur HBO ravive les inquiétudes sur un systéme électoral "dysfonctionnel"
Le 25 mai au soir, un million d'Américains ont suivi avec fascination, sur la chaîne câblée HBO, Recount , un docudrama reconstituant de manière poignante la bataille de Floride qui a permis à George W. Bush de voler l'élection de 2000. Al Gore avait recueilli 500.000 voix de plus dans le vote populaire. Il aurait très probablement remporté la Floride si la Cour suprême n'avait pas interrompu le recompte des voix. Servi par une pléiade d'acteurs tels que Kevin Spacey, John Hurt et Denis Leary, lefilm made in HBO va mélanger des images d'archives et des dialogues réels avec de la fiction, et examinera le déroulement de l'élection jusqu'à la décision de la Cour Suprême, dans la bataille entre George W. Bush et Al Gore à la présidence des Etats-Unis.
Hollywood aura attendu huit ans pour revenir sur cet épisode sombre de l'Histoire américaine : une succession de "dysfonctionnements" convergents qui s'apparentent à un "coup d'état légal".
Harvey Wasserman suggère à HBO, dans le Huffington Post, de s'attaquer à l'épisode 2 : l'élection de 2004, marquée elle aussi par une accumulation d'irrégularités manifestes, notamment dans plusieurs des états les plus disputés. L'élection controversée de 2004 a fait l'objet d'un excellent documentaire de David Earnhardt: Uncounted: The New Math of American Elections.
La perspective d'une fraude électorale en 2008 (comme celle de l'assassinat d'Obama) est présente dans les esprits.Au coeur des inquiétudes, les procédures d'inscription sur les listes électorales, mais aussi les machines à voter. L'utilisation de ces dernières lors des primaires danhttp://www.blogger.com/img/gl.link.gifs le New Hampshire,en janvier 2008, avait suscité une controverse.
lundi 26 mai 2008
Obama's friends
lundi 19 mai 2008
Plus dure sera la chute
Depuis 2005, des centaines de remix ont brodé sur des images de La chute, le film d’Oliver Hirschbiegel, qui décrit les derniers jours de la vie de Hitler. "Ses ingrédients ? Un extrait du film d’environ deux minutes, un logiciel permettant d’ajouter des sous-titres, et un sujet de moquerie. Une dose de grossièreté et de mauvais esprit sont également recommandées".
Le blog @merica relève qu'une première version parodiant les derniers jours de la campagne de Hillary Clinton avait été mise en ligne après le Super Tuesday. Remise à jour après les primaires en Caroline du Nord et en Indiana, dupliquée sur plusieurs plate-formes après avoir été retiré de Youtube, elle se diffuse désormais beaucoup plus rapidement.
@merica rappelle que "contrairement à d’autres vidéos de fort mauvais goût, le but des remixes de La chute n’est généralement pas de décrédibiliser un adversaire par une analogie douteuse . C’est le plus souvent l’humour absurde et l’humour noir qui prévalent, comme dans cette version vue plusieurs millions de fois et basée sur la guerre des consoles de jeux vidéos entre Microsoft et Nintendo".
dimanche 11 mai 2008
Baracky et Jedi : Obama suscite la créativité des concepteurs de "mashup politiques"
Cette semaine, un mashup de la Guerre des Etoiles a été mis en ligne par un partisan d'Obama. Il a été consulté plus d'un million de fois en 6 jours (entre le 2 et le 8 mai).
samedi 10 mai 2008
Lexique

Article 25 de la Constitution
En cours de rédaction
Commander in Chief
Les fictions présidentielles au cours des quinze dernières années (et singulièrement depuis le 11 septembre) accordent une place prééminente aux prérogatives internationales et militaires du Président des Etats-Unis. Elles mettent en scène et théâtralisent le Président dans son rôle constitutionnel de « Commander in Chief ». Les bases de dramaturgie du Président comme Commander in Chief ont sans doute été jetées par deux films produits sous la Présidence Kennedy : « Fail-Safe » et « Dr. Strangelove ». Ces deux films placent le Président au coeur d’une crise nucléaire.
Films et séries télévisées accompagnent ainsi (et amplifient) une mutation du systéme politique américain : à travers la Guerre froide, la concentration du pouvoir nucléaire entre les mains d’un seul homme, la gestion des crises de l’après Guerre froide, puis la « guerre contre le terrrisme », le centre du pouvoir s’est déplacé vers la Maison-Blanche.
Un conflit armé en Asie centrale, un attentat terroriste au Moyen-orient, des américains blessés ou kidnappés quelque part dans le monde, une opération de paix qui tourne mal : tout remonte vers le Commandant en chef des armées. "There is a situation, Mister President". Les réunions du Conseil National de Sécurité dans la Situation Room sont un passage obligé de toute fiction présidentielle. Une des séries TV présidentielles a d'ailleurs pour titre «Commander in chief ». On y voit une femme, la Vice-présidente, accéder à la fonction suprême, suite au décès du Président.
Cinématographisation
Dans L’Ecran global (Le Seuil, 2007) Gilles Lipovetsky et Jean Serroy désignent le cinéma comme le spectacle de référence dans un monde globalisé. Ils le décrivent comme la matrice à partir de laquelle les sociétés se pensent et se projettent. Selon eux, tous les autres types d’écran, de la télévision à la vidéosurveillance en passant par internet, filtrent la réalité selon le prisme du septième art. Même si la fréquentation en salles recule, « son influence globale s’accroît », selon eu, « s’imposant comme cinématographisation du monde, vision du monde faite de la combinaison du grand spectacle, des célébrités et du divertissement ».
Fictions présidentielles
Dans l’imaginaire politique des citoyens américains coexistent désormais une lignée de Présidents “historiques” mais aussi un pleiade de Présidents conçus et mis en image par Hollywood.
Le Président est présent, surtout depuis le début des années 90, dans un très grand nombre de films. Comme personnage principal, ou au second plan: plus de 60 films en 15 ans. Il entraîne, à sa suite, tout un cortège de personnages: sa famille, les agents du Secret Service, le Chief of Staff, le conseiller de Sécurité nationale, le Chef d’Etat Major interarmées, son équipe, certains voire tous les ministres de son Cabinet, le vice-président.
L’irréalisme des situations dans lesquels les scénaristes plongent les présidents n’exclut pas un souci scrupuleux dans la reconstitution des lieux (de l’aménagement intérieur d’Air Force One à la topographie du 1600 Pennsylvania Avenue), Ces fictions se déploient dans la quasi-totalité de la Maison-Blanche : elles nous font pénétrer dans la Bedroom présidentielle comme dans la Situation Room.
Cette double surexposition de la figure présidentielle et de la Maison-Blanche ne se réduit ni à un « emballement », ni à une mode passagère. Elle se prolonge, d’ailleurs, à la télévision avec West Wing (sept saisons, 1999-2006) ou 24 heures (sept saisons, depuis 2001). 24 heures a d’ores et déjà « consommé » quatre présidents: David Palmer, John Keeler, Charles Logan et Wayne Palmer.
Imaginaire présidentiel
En cours de rédaction
"Mommy Problem"
Théorème exposé par le directeur de Josh Lyman au candidat démocrate Matt Santos. Quand les électeurs veulent un Pére, quelqu’un de fort et de ferme pour défendre le pays, ils votent républicain. Quan ils veulent une maman pour leur fouurnir des emlplois et la Sécurité sociale, ils votent démocrate ». ( “When voters want a national Daddy, someone to be tough and strong and defend the country, they vote Republican. When they want a Mommy to give them jobs, healthcare… they vote Democrat.” )
West Wing, Saison 7 Episode 2, « The Mommy Problem ».
POTUS (President of the United States)
Cette abréviation a d'abord été utilisée par le Secret Service puis adopt&e par le adopted by Département de la Défense dans les années 1990.
Presidentialité/Presidentiality
Ensemble de qualités requises pour exercer la fonction présidentielle : autorité, expérience, esprit de décision, caractére, hauteur de vue…. Elle renvoie aussi à une maniére d’être (Acting Presidential).
Notion floue, et probablement évolutive : les qualités attendues d’un Président ne sont probablement pas les mêmes avant et après Franklin Roosevelt, Kennedy ou Reagan.
Si la Constitution attribue au President des Etats Unis le titre et l’autorité de «Commandant en chef des forces armées » (Commander in Chief), cette dimension militaire et internationale de la « présidentialité » a pris une importance croissante avec la Seconde Guerre mondiale, puis avec la Guerre froide.
A distinguer peut être de la « présidentiabilité » qui désignerait les conditions et qualités à réunir pour concourir à l’election présidentielle. Présidentialité et Présidentiabilité n’en restent pas assez proches assez proches : un présidentiable doit manifester une certaine présidentialité.
La présidentialité est classiquement opposée à l’électabilité : il ne suffit pas d’être «présidentiel » pour être « électable ». Et inversement. On oppose tout aussi classiquement présidentialité et popularité.
Une des interrogations qui parcourt ce blog est l’influence des fictions hollywoodiennes sur le contenu et les contours de la "Présidentiality". En proposant de nouveaux modèles ou figures de Président ( noir ou latino, Présidente), en renouvelant l’imaginaire présidentiel, les séries TV et les films présidentiels contribuent probablement à remanier et rédéfinir les composantes de la « présidentialité ».
A noter que la notion de présidentialité est entrée en France dans le langage courant en 2007. Interrogé sur les causes de l’echec de Ségolene Royal en 2007, Laurent Fabius mentionnait, dans une interview au Monde le 27 juin 2007, un « triple déficit est apparu : présidentialité, crédibilité, collégialité. ». En mars 2008, après une brutale chute de popularité, Nicolas Sarkozy aurait entrepris de "restaurer sa présidentialité ».
Topographie présidentielle
En cours de rédaction
lundi 28 avril 2008
L'âge de McCain n'est peut être pas un "argument de campagne" mais reste un handicap
Né en 1936, John McCain aura 72 ans s’il les électeurs le désignent en novembre. Ce qui ferait de lui le plus vieux président au moment de sa prise de fonctions pour un premier mandat. Ronald Reagan avait 69 ans lors de son élection. Hillary Clinton a 60 ans, Barack Obama 46. Bien que faisant rarement la une des journaux, la question revient régulièrement.Quand elle ne lui est pas posée directement, comme l'an dernier, lors d'un meeting électoral au New Hampshire, par un jeune étudiant. "Je travaille 24heures sur 24, 7 jours sur 7, je suis très actif, je profite de la vie", avait rétorqué McCain. "Merci de poser la question, petit voyou… ".
L’opinion sait tout de son état de santé : un mélanome qui lui a laissé une longue cicatrice sur le visage, les mauvais traitements subis dans les prisons vietnamiennes. Le sénateur de l'Arizona a choisi l'autodérision. "Je suis plus vieux que la poussière et j'ai plus de cicatrices que Frankenstein", aime-t-il à répéter.
Cette semaine encore, le député démocrate de Pennsylvanie John Murtha, 75 ans, a remis le sujet sur le tapis: "Ce gars est presque aussi vieux que moi, ce n'est pas un job pour un vieil homme". Réponse de l'intéressé: "Tout ce que je peux dire est que j'admire et que je respecte Jack Murtha. Parle pour toi, Jack. Je vais parfaitement bien".
L’âge du candidat républicain risque de peser sur l’ensemble de sa campagne.
D’ores et déjà, l’âge de McCain limite sa marge de manœuvre dans la désignation de son co-listier. « Comme il a 71 ans, comme il a déjà souffert d'un cancer et que plus généralement son corps a souvent subi des épreuves, le choix de son colistier sera très, très important… Dans ce cas de figure, vous cherchez véritablement quelqu'un qui, sur une période de huit ans, peut être président" explique l'historien Douglas Brinkley dans le Boston Globe.
L’appareil républicain surveille de près le choix d’un vice-president qui risque de devenir le candidat naturel à la nomination républicaine en 2012 si McCain est empêché de se représenter en 2012 (il aura alors 76 ans). De plus, les électeurs seront attentifs à la personnalité du vice-président dès lors que celui-ci a une chance non-négligeable d’accéder à la Maison-Blanche avant la fin du mandat. Mc Cain risque de perdre l’electorat modéré s’il désignait comme co-équipier une figure de la droite chretienne pour mobiliser la base républicaine (comme Vinick le fait dans la saison 6).
L’accés du vice-président à la fonction suprême, suite à la mort du Président, est d’ailleurs l’un un des thémes de prédilection des fictions présidentielles des derniéres années. Dans la série Commander in Chief, Mc Kenzie Allen devient Présidente, suite à un accident vasculaire cérébral du républicain Theodore Bridges. (Ivan Reitman, dans Dave, Président d’un jour, propose une variante : quand le Président William Mitchell a un malaise cardiaque, c’est son sosie, Dave Kovic, qui se trouve projété dans le Bureau Ovale).
Même si les démocrates n'en font pas un argument de campagne ...
Howard Dean a affirmé que le parti démocrate ne ferait pas de l'âge de McCain un argument de campagne. "Ce n'est pas avec l'âge de M. McCain que Mme Clinton a un problème, c'est avec son programme pour l'avenir", a déclaré un porte-parole d’ Hillary Clinton.
Cette problématique de l’âge pèsera encore plus lourd si les démocrates désignent Obama.
John Mc Cain a t il regardé la saison 7 de West Wing ?
Les amateurs de West Wing ont probablement en tête les épisodes ou le candidat républicain, Arnold Vinick, s’efforce de masquer son âge.
Né en 1940, Arnold Vinick avait 66 ans lors de la campagne presidentielle de 2006. Son adversaire démocrate, Matt Santos, né en 1961 est alors de 21 ans son cadet. Comme Mc Cain aujourd’hui, Arnold Vinick met en avant son expérience. Comme lui, il sait qu’il qu’il peut compter sur les électeurs de plus de 55 ans. Il n’en reste pas moins (et c’est tout l’intérêt d’une série qui met en scéne les coulisses d’une campagne) qu’il veille en permanence à camoufler tout ce qui peut rappeler son âge.Dans « Cold », (épisode 13, Saison 7), Arnold Vinick prend froid, au cours d’un déplacement. Tout est fait pour éviter que la presse l’apprenne. Symétriquement, Josh Lyman, le directeur de campagne de Santos, se réjouit bruyamment lorsqu’il apprend cette nouvelle. Il se met danser et embrasse un membre de son équipe.
- Josh: He has a cold? The gods were listening to me, and they love me!
- Annabeth : Why is there hugging?
- Donna : Vinick has a cold.
- Annabeth : Oh, that's precious.
- Josh : I want to send him some Vick's vapo-rub and a German nurse.
Dans "Two weeks out" (épisode 14, saison 7), Arnold Vinick souffre de sa main droite, pour avoir serré trop de mains. Lors d’un meeting, à quelques secondes de prendre la parole, Vinick se fait fait briser la main par un de ses partisans. Pendant un quart de seconde, il tourne le dos au public pour cacher sa douleur.


Fracture du métacarpe.
A quelques jours de l'élection, il doit soigner cette main sans que cela s’ébruite.
C’est dans une voiture, entre deux meetings, que Vinick rencontre un docteur.
- Doctor : We really need a set of X-rays.
- Vinick : No!
- Bruno : No, no, no. Doctor, we've got a bus-load of reporters following us. We stop
- for an X-ray the headline's going to read "Handshake breaks Vinick's hand."
- Bruno : I can't say for sure without an X-ray, but I think you've got a metacarpal
- fracture and you're going to need a cast.
- Vinick : No cast.
- Doctor: Senator, you have to...
- Vinick : I can't look like an old man falling apart on the campaign trail. If anyone asks you what you were doing in the car with me, we were discussing health care policy.
Dans Here Today (épisode 5, saison 7), Josh Lyman et Lou, la directrice de communication de Matt Santos, cherchent (en l’absence du candidat, qui ne veut pas en faire un argument de campagne) une maniére subtile de suggérer que Vinick est nettement plus âgé que Santos.
- Josh : Look, Arnold Vinick isn't some old feeb, doddering from one campaign stop to the next. He's got more energy than I do.
- Lou : He is inconveniently spry.
- Josh : Use that.
- Lou : What?
- Josh : Spry. It's a word that's only used to describe old people. Ever hear of anybody under the age of 70 being called spry? It says "old guy versus young guy" without even mentioning age.
L’une des scènes les plus émouvantes de West Wing est probablement celle où Arnold Vinick, après sa défaite, comprend qu’il doit renoncer à la Présidence. (Last Hurrah, épisode 2°, Saison 7) La défaite est cruelle. Après une campagne intense, Vinick retrouve une existence vide et morne. Peu à peu, il retrouve goût à la politique. Son médecin lui confirme qu’il est en pleine forme. (Vinick : "I'm telling you : 70 is the new 60"). Il envisage une nouvelle candidature. C’est à ses des deux plus proches conseillers que revient la tâche difficile de lui expliquer, désolés, qu’à 70 ans (en 2010), il est désormais hors course.Mc Cain a t il vu cet épisode de West Wing ?
L’âge de John Mc Cain suscite l’ironie des militants démocrates
Cette vidéo est l'oeuvre du groupe YoungerthanMcCain, fondé par Steve Rosenthal, un ancien membre du comité de l'AFL-CIO, la centrale syndicale nationale et fondateur du groupe America Coming together, créé en 2004 pour tenter de barrer la route à George Bush.
Les Simpsons parodient John McCain
McBain est un personnage récurrent des Simpsons.
Caricature de «action hero», McBain est un hybride de Arnold Schwarzenegger (la carrure et l’accent), de Bruce Willis (McBain rime avec McClane, le héros de Die Hard) et du Clint Eastwood de Dirty Harry.
La tentation était forte de rapprocher McBain et McCain. C’est chose faite. Cette vidéo remixe habilement la bande-son d'un spot de campagne du candidat républicain.
West Wing Saison 8 : Martin Sheen soutient Barack Obama

Martin Sheen, le Président Bartlet de West Wing, a saisi l’opportunité de son passage "The Graham Norton Show » pour annonce son soutien à Obama.
S'il regrette que la confrontation entre les deux candidats démocrates soit aussi dure, il a confirmé être un supporter d’Obama. "Mais vous ne devez pas le révèler encore. Je dois faire attention, pour quelques temps encore, car Bill Clinton a aimé West Wing et il continue de m’appeler « Mon président »… Je continue de penser que les Démocrates l’emporteront. Quelque soit leur candidat, le pays est prêt pour un changement. »
L'engagement de Martin Sheen n'est pas vraiment une surprise. Peu de temps aprés l'interrutpion de West Wing par NBC, Martin Sheen avait été approché par des responsables démocrates de l'Ohio (dont Sheen est originaire) pour une candidature au Sénat. Opposant de longue date au nucléaire, hostile à la Guerre en Irak, infatigable militant des droits civiques et de la défense des minorités), Martin Sheen n'avait cependant pas donné suite : « Je ne suis pas qualifié ... Vous confondez célébrité et crédibilité».
Dans un premier temps, en décembre 2007, Martin Sheen avait apporté son soutien au Gouverneur du Nouveau Mexique Bill Richardson. Celui-ci, aprés s'être retiré de la course s'est rallié à Barack Obama.
mercredi 23 avril 2008
Obama Wan-Kenobi en lutte sur deux fronts
Après Obama en maître Jedi, voici le générique de Star Wars revu et visité par des partisans d'Obama. Ou l'histoire de la lutte sur deux fronts du sénateur Obama Wan-Kenobi contre la sénatrice Klintaan et Warlord Mi'Kayn. A long time ago, in an election far, far away....
dimanche 20 avril 2008
Un "Monty Python" propose ses services à Obama
John Cleese a déjà fait des incursions dans le domaine de la politique. En 1987, il avait enregistré une vidéo de soutien au troisième parti britannique, le SDP-Alliance libérale, formation de centre-gauche devenue depuis le Parti libéral démocrate.
vendredi 11 avril 2008
McCain-Churchill
Churchill avait écrit que « l’histoire est écrite par les vainqueurs ». . Possible. Il n'en reste pas moins que c’est l’existence réelle de l’inflexible Premier Ministre au cigare et au V comme Victoire, qui est mise en doute par certains de ses compatriotes : pas celle d’Hitler.
Une proportion équivalente d’américains penseraient que FDR et Lincoln n’auraient pas existé.
McCain ne rate pas une occasion de se référer à Reagan, mais aussi de plus en plus souvent à Churchill. Images d'archive à l'appui.
Comme dans cette vidéo : Man In the Arena
Scranton et Mother : images d'enfance, albums de famille et caméra amateur
Alors que McCain use et abuse des images d'archives dans lequel on le voit sur son lit d'hopital, aprés sa libéation des camps vietnamens, Obama et Clinton exploite le gisement des albums de famille et films amateur en 8 ou 16 mm...
La campagne Clinton diffusé un spot télévise de 30 secondes entièrement consacré aux racines familiales d'Hillary Clinton en Pennsylvanie.
Baptisé "Scranton", le nom d'une petite ville du nord-est de l'Etat et diffusé uniquement dans cette région, ce clip montre des images en noir et blanc de Hillary Clinton, enfant aux boucles blondes et souriante, portant socquettes et robe blanche, en 1950, gambadant dans les rues de cette ancienne cité minière ou dans les bras de son père.
"C'est moi à Scranton où mon père a grandi et où mon grand-père a travaillé dans une fabrique de dentelles" commente Hillary en voix off, tandis que défilent les images d'une enfance heureuse. Ces scénes de vie de famille avaient été filmées par l'ex-directeur de l'école de Scranton.
M. Obama diffuse un spot intitulé "Mother" où il évoque la figure de sa mère (album de famille à l'appui) décédée d'un cancer à l'âge de 53 ans en 1995. Dans les derniers mois, "elle se préoccupait plus de ses factures médicales que de se soigner", explique Barack Obama. "Pour réformer le systéme de santé, il faut réformer Washington".
vendredi 4 avril 2008
Ami lecteur

- Je sais. Cet examen des téléscopages entre fictions hollywoodiennes et réalité politique (la campagne présidentielle de 2008) est incomplet. Je n'ai pas abordé de front la question des influences et des échanges qui s'opérent entre West Wing/Saisons 6 & 7 et la campagne. J'y viens.
J'ai commencé ce blog il y a une semaine. J'ai commencé par recenser un certain nombre de ces téléscopages. En les rétro-datant afin que la chronologie des billets restitue le déroulement de la campagne.
- Télephone rouge et "test du Commander in Chief"
- The Wire : la série préférée d'Obama
- McCain marie l'esthétique de Bruckheimer et l'éthique de John Wayne
- Mc Cain, War hero
- West Wing Saison 8: Santos et Obama face à la question raciale
- Téléphone rouge : les parodies (4)
- Téléphone rouge : la stratégie de la peur (3)
- I am Jack Nicholson and I approve this message
- L'énigmatique vidéo de Mike Gravel, le troisiéme candidat démocrate
- Téléphone rouge : la riposte de l'équipe Obama (2)...
- Test du téléphone rouge : il est trois heures (1)
- McCain ou McLane for President ?
- Les séries TV favorites des candidats
- Sylvester Stallone soutient McCain et Chuck Norris soutient Huckabee.
- Fred Thompson : acteur, sénateur et candidat
- Red states, blue states. Du cinéma ?
- Mister President en production
En attendant, vous pouvez déja jeter un oeil sur cette vidéo.
J'évoquerai les films et séries TV qui mettent en scéne des Présidents noirs ou des Présidentes pour m'interroger sur l'influence que ces fictions peuvent avoir sur "l'imaginaire présidentiel" : dans quelle mesure ces fictions ont elles contribué à remanier la "présidentialité".
N'hésitez pas à me signaler des erreurs ou des oublis. Et à me suggérer des pistes.
Télephone rouge et "test du Commander in Chief"
Le Washington Post revient sur le «Test du Commander in chief » que Clinton et McCain tentent d’imposer comme l’enjeu central de la campagne.
Le spot de campagne de Hillary Rodham Clinton suggère que les Présidents reçoivent souvent des appels téléphoniques à 3 heures du matin. Et prennent, en pleine nuit, des décisions dans l'urgence.
«Il est vrai que Ronald Reagan a été réveillé dans la nuit pour ce qui s’est avéré être la destruction accidentelle d’un avion civil iranien. George H.W. Bush a été alerté après qu’il se soit couché d’un coup d’état apparent contre Gorbachev. Bill Clinton a été réveillé en pleine nut pour apprendre que les négociations pour la libération d'Elian Gonzalez (le garçon cubain dont les proches souhaitaient empêcher le renvoi à Cuba) avaient échoué. Mais dans aucun de ces cas, les présidents étaient tenus de prendre des décisions importantes ».
Le journaliste du Post a interrogé un grand nombre d’ex-conseillers de la Maison Blanche. Selon eux, ces appels nocturnes ont principalement pour objet de tenir le Président informé de situations critiques, tout particulièrement celles qui causeraient un probléme si le public apprenait que le Président avait continué de dormir pendant que ces crises se développaient.
« Dans mon expérience, je ne me souviens pas d’une décision qui aurait dû être prise dans l’instant et en pleine nuit, admet Henry A. Kissinger. Je pense d’ailleurs qu'on devrait réduire le nombre de décisions à prendre dans l’instant». Il se souvient avoir réveillé Nixon lors du retour difficile d’Apollo 13.
Le scénario décrit dans le spot de Clinton n’est pas inconcevable, mais il passe à côté de l’essentiel : la prise de décision présidentielle a besoin de temps.
L’article du Post passe en revue une série de crises, avec des ex-conseillers et des historiens.
Ainsi, lors de la crise des missiles de Cuba, le Conseiller national de sécurité a attendu le matin pour informer Kennedy que la CIA disposait de photos aériennes. ("Le Président etait fatigué après un vol asez long. J'avais conclu qu’une soirée détendue et une bonne nuit permettraient au Président de gérer plus efficacement ce qui s’averait être une crise majeure"). Kennedy prit d’ailleurs une semaine avec ses conseillers pour mettre en forme sa réponse. (Soulignons, au passage que le film Thirteen days restitue assez bien le déploiement dans la dirée de cette crise).
Kenneth Duberstein, le dernier Secrétaire Général de Ronald Reagan, s'était fabriqué une doctrine en la matiére : "C’était une formule très simple. Si cela risque d’affecter la vie de citoyens americains, on réveille le Président. A trois heure du matin, sauf holocauste nucléaire, on prend pas de décision. Ce que vous devez faire alors, c’est préparer la réponse".
Ces témoignages, selon Casey Miner dans Mother Jones, tranchent ainsi avec l’idée, ressassée depuis huit ans, selon laquelle il faut agit «vite» et de « manière décisive » contre des menaces qui fusent dans tous les sens. "A tel point que les gens, et peut être même les candidats finissent par voir le job de Président ressembler à celui d’un chirurgien dans la série TV Urgences".
Sous cet angle, une série comme West Wing (son producteur John Wells a aussi été celui d'Urgences) s’avère plus réaliste que le spot du téléphone rouge. Si le Président Bartlet est régulièrement interrompu pour rejoindre la Situation Room, la plupart des crises se nouent en plusieurs étapes. Au minimum deux: le Président Bartlet consulte ses conseillers et les militaires sur la nature de la crise, les risques, le temps dont il dispose, demande qu’on lui présente des options. Il quitte la Situation Room plus ou moins longtemps, y revenir plus tard et donner le feu vert, après avoir examiné les diverses options.
La réalité, ajoute Casey Miner, c’est que « si le président doit être au courant et réagir a des centaines de problèmes de toutes sortes, la plupart des décisions qu’il doit prendre sont mûrement préparées et programmées, avec l’appui d’un personnel considérable. En d'autres termes, si on attend du le président qu’il fasse preuve d’autorité dans une situation de crise, et qu’il imprime une orientation, il (ou elle) n’a pas a le faire à chaque instant. Ni seul ».
The Wire : la série préférée d'Obama

La chaîne HBO diffusait le 9 mars l'ultime épisode de la dernière saison de The Wire, l'une des meilleures séries de la télévision américaine : un tableau sans fard des bas-quartiers de Baltimore.
Obama avait reconnu qu'il était un fan de cette série.
Dans une interview au Las Vegas Sun, Barack Obama ajoute qu'Omar Little est son personnage favori. "Je n'adhère pas à ses vues. Ce n'est pas le genre de personnes que je préfère .. mais le personnage est fascinant. Il est homosexuel, c'est un gangster qui vole les les trafiquants de drogue. C'est le personnage le plus dur de la série... C'est un personnage fascinant".
The Mother Jones se demande pourquoi Omar Little fascine tant le candidat démocrate ? Son ambiguité morale ?
Pour ceux qui ne connaissent pas la série, Omar Little est, selon Courrier International, "une sorte de Robin des bois interlope. Long manteau flottant au vent, canon au poing, ce cow-boy black and gay rançonne en sifflotant les dealers de Baltimore. Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Omar finit par recevoir la mort qu'il mérite : il est abattu d'une balle en pleine tête. Et The Wire ne connaîtra pas de sixième saison.Le prestigieux New Yorker, dans un long et passionnant article, a tenté de comprendre pourquoi The Wire, applaudie par la critique, passait pour un ovni dans le paysage télévisuel américain. Elle n'a, de fait, jamais obtenu le moindre Emmy. Son ambition de montrer "l'incapacité d'une des nations les plus puissantes au monde à trouver une solution aux problèmes de ses centres urbains" en a dérouté plus d'un, résume Robert Bianco dans USA Today. L'intrigue ne se noue ni ne se résoud en cinquantes minutes chrono. Elle s'ébauche, se prolonge et se ramifie d'épisode en épisode, de saison en saison, sans jamais offrir ces conclusions nettes et manichéennes qu'affectionnent les fictions américaines. Selon la formule de Teresa Wiltz dans The Washington Post, "l'existence du Crime ne signifie pas qu'il y aura Châtiment."
McCain marie l'esthétique de Bruckheimer et l'éthique de John Wayne
En voix off, une étrange et sombre méditation sur la guerre, la fraternité qui relie les soldats, la vanité et la grandeur, le sacrifice et la gloire, le dépassement de soi.
Dans le chaos, la destruction et le choc de la guerre, le sens du devoir et la discipline militaire permettent aux soldats de supporter et surmonter les épreuves.
Leur devoir et fidélité appartiennent à leur pays. Ils trouvent consolation dans la foi en Dieu. C'est à travers la fraternité des armes qu'ils commencent à comprendre qu'aimer son pays, c'est aimer ses compatriotes, c'est en servant l'idéal national qu'a débuté leur transformation personnelle.
Cette vidéo se conclut sur un auto-portrait de McCain :" La gloire, c'est rester fidèle à quelque chose plus grand que vous-même, à la cause, à vos principes, aux personnes sur qui vous comptez, et sur qui vous pouvez compter. Aucun malheur, aucune blessure, aucune humiliation ne peut la détruire".
Etrange vidéo, tout de même, qui exalte des valeurs martiales de dépassement et de sacrifice au service de la patrie, tout en reconnaissant que ce qui fait tenir les combattants face aux horreurs de la guerre, c'est la fraternité face à la menace de mort. Un thème omniprésent dans les films de combat qui, de "Objective Burma" à Bands of Brothers, en passant par "Il faut sauver le soldat Ryan", racontent la guerre à travers un petit groupe de combattants, un "platoon" emblématique à lui tout seul de toute la nation américaine (un Wasp, un polonais, un italien, un noir). C'est la solidarité face à l'ennemi qui relie entre eux les membres du "platoon". "It’s about the man next to you"), comme le dit l'un des personnages de la Chute du Faucon noir.
Le script :
In the chaos, destruction and shock of war, soldiers are bound by duty and military discipline to endure and overcome. Their duty and loyalty belong to their country. They find solace in their faith in God. But their strongest loyalty, the bond that cannot break, is to the cause that is theirs alone -- each other.
It is through loyalty to comrades in arms that they begin to understand that to love one's country is to love one's countrymen, and to serve the national ideal that commenced their personal transformation.
When war is over, they might have the largest but not exclusive claim on the success of their nation's cause and seldom share in the blame for its failure. But their claim is shorn of all romance, all nostalgia for the suffering with which it was won. From that crucible they have but one prize, one honor: that they had withstood the savagery and losses of war and were found worthy by the men who stood with them. This is the truth of war, of honor and courage.
Before John McCain went to war its meaning was obscure to him, hidden in the spare language of men who had gone to war before him and been changed forever by the experience. The Naval Academy, with its inanimate and living memorials to fidelity and valor, tried to teach him this truth. But he had interpreted the lesson, as he had interpreted his father's example, within the limits of his vanity. He thought glory was the object of war, and all glory was self-glory. No more. For he learned the truth: there are greater pursuits than self-seeking. Glory is not a conceit. It is not a decoration for valor. It is not a prize for being the strongest, the most clever, or the boldest.
Glory belongs to the act of being constant to something greater than yourself, to the cause, to your principles, to the people on whom you rely, and who rely on you in return. No misfortune, no injury, no humiliation can destroy it.